Que d'émotions de commencer par 12012. Mon premier concert de visual kei, celui qui signa définitivement mon contrat avec ce milieu. Plus qu'un baptême, une véritable seconde naissance dans un nouveau monde. Bien sûr, un début des plus hésitant, mais comme on fait ses premier pas on apprend vite comment marcher. Ce fut mon premier concert, et j'en garderai toujours un bon souvenir.......
Cette histoire débutera donc la veille, c'est à dire le 30 septembre, pour la dédicace. Mahiro et moi sommes pile à l'heure du rendez vous, peu de temps avant, nous nous inscrivions pour nos cours de guitare. Nous voila donc devant JVstore, qui, pour fêter l'ouverture de leur nouveau magasin dans Paris, donne une dédicace de 12012 qui doit être en concert à la loco le lendemain. Je me sens toute chose, pour la première fois de ma vie je vais voir des artistes japonais en vrai. Je ne le réalise pas totalement, mais l'impatience que je ressens se charge de me le faire comprendre. Je ne sais pas quoi faire signer. J'ai bien mon sac de cours que j'aimerai qu'ils signent, mais le poster que je viens de m'acheter exprès pour l'occasion ne peut pas rester vierge. Je regarde alors un ami qui nous accompagne avec mes yeux de chien battu, il le fera signer pour moi ^^
A la tombée de la nuit la dédicace commence. Une vingtaine de minutes plus tard c'est notre tour. Marie, une amie, amuse le groupe avec ses "matta ashita" à tout bout de champ et je la regarde moi aussi amusée, moyen inavoué pour moi de me calmer et d'aborder cette première "rencontre du troisième type" sereinement. Arrive alors mon tour, première bourde, je crois que la jeune japonaise devant moi est la pour la dédicace et la prie de passer, mais en fait elle faisait partie du staff... (Trop la honte) Elle sourit et me parle en japonais... *quézako? Mais je comprend pas le japonais moi! ><* (À l'époque j'étais pas encore en licence de japonais) De toute façon je comprend très vite que ce n'est pas une fan. Je m'approche alors de la table, j'ose à peine relever mes yeux, qui sont fixés sur mes mains. Après un effort colossal je regarde MIYAWAKI et bégaye un fragile "komban wa" appris par coeur durant la file d'attente. Son ricanement ne me rassure pas le moins du monde, mais il consent tout de même à me répondre avant de signer. J'aurai voulu demander à leur faire la bise mais le stress aura été le plus fort. Mahiro fera bien rire MIYAWAKI après que celui ci lui ai répondu en français (Je passerai sous silence les circonstances exactes du litige). J'attends Mahiro, puis nous remontons. A peine sorties on s'empresse de protéger nos nouveau trésors, en effet il pleut à verse. Arrivées au métro nous vérifions si rien n'a été abîmé, ça semble ok. Nous rentrons, demain il y a le concert et nous devons nous lever aux aurores. Enfin quand je dis lever. Ce soir là, nous n'avons pas dormi....
Premier métro, nous nous dirigeons vers la loco. A notre arrivée, des clubeurs sont encore devant la boite. Une fois tout le monde parti, nous nous asseyons devant la loco. Il fait encore nuit, nous sommes déjà une bonne dizaine à attendre. Il a beau faire nuit, la rue est loin d'être calme, deux mecs complètement saouls viennent nous faire chier, en particulier des jeunes filles devant nous, la situation dégénère quelque peu, nous nous retrouvons soudain dans un nuage de lacrymo.... Mes yeux me piquent, je suis les instructions des vigiles de la loco qui nous font entrer et patienter à l'intérieur en attendant que ça se calme dehors. Vers 8h nous sortons. La journée sera longue, une attente ponctuée de délires qui font passer le temps. J'ai beaucoup de mal à garder mon calme, c'est la première fois pour moi que je vais à un concert, et je n'ai pas vraiment l'habitude d'attendre. Etant impatiente de nature, ça n'arrange pas les choses. Pourtant j'arrive à tenir le coup sans trop péter un câble.
Les portes s'ouvrent alors vers 18h00 nous entrons dans la salle, impatientes. Les vigiles nous demandent de ne pas courir, je ralentis alors ma course, mais voyant toutes ses filles se ruer derrière moi je comprend vite que si je ne veux pas perdre ma place il va falloir que je courre. J'arrive devant la scène. Mahiro est à ma gauche, et moi je suis en face du bassiste ENYA. Je pensais que le concert allait commencer très vite mais je me rends compte qu'il faut encore attendre. Je commence à perdre patience, mais Mahiro me rassure, ils vont bientôt arriver.....
Une heure et demi plus tard, ils arrivent effectivement. Leur vue me fait totalement oublier toutes ces heures passées dans le froid à les attendre. MIYAWAKI prononce timidement quelques phrases en français du type "bonsoir Paris" ou encore "on vous aime Paris" avec un magnifique accent typiquement japonais, et c'est avec joie que je me délecte de leur musique. Je dois le dire à ce moment, je ne connaissait presque aucune de leurs chanson, mais miraculeusement, la première je la connaissait: Queer Passion. Les images se mélangent, je voit MIYAWAKI, ENYA, et SUGA très bien, mes yeux pétillent, c'est vraiment beau. Je me laisse vite aller, et c'est malgré moi que je me mets à reprendre le refrain de Ms Vampire. Le son est vraiment sublime, chaque note sonne parfaitement bien, et le jeu de scène de MIYAWAKI est parfait. J'ai l'impression d'être une enfant à qui l'on vient d'offrir le plus beau des cadeaux. Pistol commence, avec ses coeurs qui résonnent encore aujourd'hui dans mes oreilles. Je ne vois que ENYA, seule image qui me reviens à l'esprit aujourd'hui. ENYA durant Pistol... Et aussi l'écart qu'il maintient durant tout le concert, entre lui et ses fans. J'aurai lutté comme une forcenée pour le toucher, enfin toucher son pied en tout cas... u_u" Après Pistol MIYAWAKI nous crache le nom de la prochaine chanson: News Paper. S'ensuivent alors les morceaux dans une ambiance irréelle, proche du rêve.
Ils quittent la scène. J'ai l'impression de me réveiller. Commence alors l'épreuve du rappel, d'abord étonnée de voir que le concert n'est pas fini, j'écoute les autres, je les regarde faire, et je reprend avec eux "ichi ni zeeero ichi ni" jusqu'à ce qu'ils reviennent. SUGA trouve intéressant de tester la descente dans la fosse, et manque de se faire arracher ses vêtements par les fans près de lui. A cet instant MIYAWAKI saisit son micro, il est encore essoufflé et murmure: "want want want". Tout le monde hurle, moi j'attends, je ne connais pas cette chanson, et je découvre une ballade émouvante, et vraiment bien menée. Je suis totalement séduite par le groupe, Ils finiront sur Venon qui laissera tout le monde sur sa faim. J'arrive à récupérer une set list et la bouteille de KAWAUCHI. Je suis heureuse, ce concert était vraiment bien, je m'accommode du bruit assourdissant dans ma tête, et je pars de la loco avec un léger pincement au coeur.
Vivement la prochaine fois...
Ce qui restera à jamais dans ma mémoire pour ce concert?
"Aishiteruuuu"